Google vient encore de se faire rappeler à l’ordre par Bruxelles. La Commission européenne vient d’accorder à la firme de Mountain View un délai supplémentaire pour corriger ses pratiques anti-concurrentielles dans le cadre du Digital Markets Act (DMA). Mais attention : sa première proposition a été jugée « insuffisante ». On décrypte tout ça ensemble, sans filtre.
Pourquoi Google se fait taper sur les doigts
Depuis novembre 2025, la Commission enquête sur la fameuse « politique contre l’abus de réputation de site » que Google a mise en place en mars 2024. En gros, le moteur de recherche rétrograde les pages de sites réputés dès qu’ils hébergent du contenu tiers jugé « de faible qualité » ou hors sujet. C’est ce qu’on appelle le « parasite SEO ».
Les éditeurs européens crient à l’injustice : cette règle pénalise des partenariats commerciaux tout à fait légitimes et limite leur capacité à monétiser leurs sites. La Commission estime que Google enfreint les articles 6(5) et 6(12) du DMA qui imposent des conditions équitables, raisonnables et non discriminatoires.
Proposition rejetée = délai supplémentaire
Vendredi, le porte-parole de la Commission, Thomas Regnier, a été cash en conférence de presse : « La réalité, c’est que cette solution n’est tout simplement pas suffisante. » Google avait proposé des ajustements sur le classement des contenus d’actualité et ses règles anti-spam. Pas assez, selon Bruxelles.
Résultat : Google a gagné un peu de temps pour retravailler sa copie. Mais la Commission reste ferme et continue de finaliser sa décision.
Les enjeux sont énormes pour Alphabet
Une condamnation pour violation du DMA pourrait coûter à Google jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial d’Alphabet (voire 20 % en cas de récidive). Déjà 9,5 milliards d’euros d’amendes accumulées depuis l’affaire Google Shopping en 2017… la note continue de gonfler.
18 organisations professionnelles d’éditeurs européens ont d’ailleurs signé une lettre ouverte en avril pour exiger que la Commission passe à l’action après « deux ans de non-conformité ».
Et maintenant ?
Google est dans une position délicate : il doit trouver une solution qui satisfasse à la fois les régulateurs et les éditeurs, sans sacrifier son modèle économique. La balle est dans son camp, mais le temps joue contre lui.
// // COMMENTAIRES (0)